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’approprier le blues n’est jamais le fruit du hasard. Surtout quand on est blanc et européen né à Sidi Bel Abbès. « Un retour à mon premier choc esthétique. Celui de mon adolescence. Après je m’en suis écarté
et c’est resté mon jardin secret » avoue PHILIPPE PASCAL. Le rock de Marquis de Sade et de Marc Seberg aura été comme un chemin initiatique arpenté à rebours pour revenir à la source et en repartir plus libre. Reste l’expérience du live, le seul et unique moment pour se faire une idée de ce que PHILIPPE PASCAL fait du blues des origines à l’instar de ses pairs du Delta. Ce n’est pas un blanc bec qui se frotte à ces chansons éternelles mais un chanteur qui livre avec son vécu une interprètation bien à lui – électrique et terrienne. Et si cette nouvelle aventure augurait le meilleur de Philippe Pascal, nous permettant enfin de (re)découvrir un chanteur de la trempe de ceux qu’on ne voudrait pas voir s’arrêter de si tôt.

La génèse de ce retour « bleu électrique »
Par une nuit sans lune, à la seule lumière d’un swamp blues imaginaire, PHILIPPE PASCAL s’est souvenu des mélodies originelles. Et pour cause… Dans un retour aux racines de la musique et de son propre parcours artistique - il a commencé par collectionner les vinyls de country blues avant de rencontrer le rock’n roll des Stooges et du Velvet Underground et donner suite à la carrière que l’on sait. Du plus profond du deep south, des chansons rudes et lumineuses sont remontées de la terre basse et sèche pour s’imposer, à nouveau, comme des évidences et un retour au grand air. Fred Mc Dowell, Blind Lemon Jefferson, Robert Pete Williams, Mississipi John Hurt, Barbecue Bob… Leurs chansons ont ouvert une brèche dans le siècle. Elles vivent depuis au fil du temps et des émotions. Il n’y a qu’à s’incliner, les ramasser, puis gratter et polir, pieusement, jusqu’à l’os.

L’alchimie du live
PHILIPPE PASCAL et son BLUE TRAIN CHOIR - une nouvelle formation originale (deux guitares et une batterie ) - suivent juste le fil de ces blues et folksongs du Delta, pour le plaisir, la joie et les peines, en quête d’une certaine épure et du méridien d’origine. Un country blues primal, dans la grande tradition du deep south, dont le groupe ne garde que la trame pour la tremper ensuite dans une mare électrique et poisseuse. Deux ou trois accords sur des lampes chauffées au rouge, des slides vicieux, des rythmes déchirants, des percussions vaudous, des choeurs aux accents gospel concassant les work songs tout en déconstruisant la tradition. Le BLUE TRAIN CHOIR creuse un sillon profond et terrien pour que la mélopée vocale suive son parcours sinueux aux sources du rock’n roll. Au plus près d’une transe électrique, PHILIPPE PASCAL & THE BLUE TRAIN CHOIR cherche modestement à s’approprier ces chansons exceptionnelles. À l’arrivée, une musique qui n’a d’autres ambitions que de faire partager leur voyage électrique dans ce Mississippi fantasmé

The Blue Train Choir
• Philippe Pascal : chant
• Tonio Marinescu : batterie & percussion, chœur
• Pierre Fablet : guitare, chœur
• Goulven Hamel : guitare, chœur

Concerts
• Dejazet (Rennes) - 12 juin 2003
• Ubu (Transmusicales de Rennes) - 4 décembre 2003
• Garden Party des Trans (Rennes) - 19 août 2004
• Théâtre le Méry/Festival «du Rififi aux Batignolles» (Paris) - 17 septembre 2004
• Chapelle de St Pierre/Festival «C'est Dans La Vallée» (Strasbourg) - 29 mai 2005

Contacts
Management : Édouard Dupressoir
Tel : 06 87 44 98 39
Mail : edouard@philippepascal.com

Webmaster
Mail : webmaster@philippepascal.com

Philippe Pascal
Mail : philippe@philippepascal.com





Tonio Marinescu : batterie & percussion, chœur

Batteur incontournable de la scène rock rennaise, Tonio Marinescu compose un jeu subtil et inspiré qui puise à la fois dans les racines du jazz, du blues et de la folk en y mêlant rock et punk rock pour l’amertume du goût. Ses rythmes habillent autant qu’ils soutiennent, comme des palettes chromatiques, les chansons, à l’instar du peintre qu’il est aussi.
De 1978 à 1986 il est membre du groupe Kalashnikov aux côtés de Dominic Sonic au chant.
Puis de 1987 à 1992 il joue entre autres avec Dominic Sonic, Coyotte Pass, Dargelos (ex. Marquis de Sade, Les Nus), Dizzy Roméo qui fusionne avec Casse-Pipe (alors en duo) en 1992.
Pendant dix ans il accompagne Casse Pipe pour plus de mille concerts et quatre albums.
Depuis 2002, il rejoint Red, Hangleft Devil (avec Red au chant) et le Blue Train Choir de Philippe Pascal.
Il participe aux albums de Santa Cruz (avec Bruno Green et Goulven Hamel), de Miss Mary Mack et de Scenic Railway (reprises « trash » de Serge Gainsbourg)
Depuis le début il est peintre autant que musicien. Son travail personnel est hanté avec passion par l’univers du rock et ses icônes. Il crée aussi des affiches et des pochettes de disques pour Kalashnikov, Dominic Sonic, Casse-Pipe, Laetitia Shérif, Philippe Pascal & The Blue Train Choir.

Pierre Fablet : guitare, chœur

Graphiste, diplômé en Arts Plastiques, il développe un travail original en utilisant le photocopieur comme un outil d’exploration graphique. En 1978, il crée Actualités du Monde Libre, un journal d’expression graphique en photocopies influencé par le groupe Bazooka.
Il réalisera la première affiche des Trans Musicales de Rennes et y participera à plusieurs reprises en tant que musicien.
Dès la fin des années 70, il commence à jouer de la musique à Rennes comme guitariste dans différents groupes : les Plaies, Tohu Bohu et le Train Fantôme avec Daniel Paboeuf et Christian Le Chevretel, également en power trio avec Locus Solus ou en solo sous son nom – « Pierre Fablet & sa guitare bidon ».
La guitare bidon est une guitare fabriquée maison avec un pot de peinture et un manche récupéré. C’est son instrument de prédilection dans Andy Bag, quartet libertaire de rock minimaliste initié en 2000 où la basse est une « contrebassine » : une poubelle équipée d’un manche à balai et d’une corde (à linge).
Avec Daniel Paboeuf au saxophone (qu’il fréquente depuis 30 ans), il crée Purée Dure, un duo de musique improvisée où il mixe avec quatre électrophones et des 45 tours qu’il maltraite allègrement en accumulant les boucles répétitives et les climats insolites.
Proche de Marquis de Sade à l’époque, il rejoint Philippe Pascal et son Blue Train Choir avec enthousiasme. Fan de blues et de tout ce qui glisse : le bottleneck est sa passion.

Goulven Hamel : guitare, choeur

Venu tôt au rock’n roll par réaction contre des parents musiciens classiques, passion forgée sur les comptoirs du Centre Bretagne (avec Come Back Igor puis les Dandyz), il monte les Twin Bees (deux albums) à Rennes, au début des années 90, pour défendre une certaine idée d’une pop nourrie à l’école nord américaine. Parallèlement, il joue dans Dirty Folk Songs (deux guitares acoustiques et voix) pour revisiter en cabaret les chansons des autres, démarche qu’il poursuit avec la chanteuse Agnès. Après divers escapades guitaristiques avec Lighthouse, Grand Central ou l’octet de guitare d’Olivier Mellano (le Pink Iced Club), il rencontre Bruno Green à la fin des années 90, dont il est toujours le guitariste attitré. Il officie également dans l’actif collectif Santa Cruz.
Avec le Blue Train Choir, il retrouve ses amours adolescents (Lightnin’ Hopkins, John Lee Hooker, le bottleneck) et approfondit sa connaissance des songsters et du Mississipi Blues avec une déférence toute particulière pour Mississipi John Hurt. Au rayon des vieilles obsessions : Television, Nick Cave, Richard Thompson, l’âge d’or de la southern soul et toute l’école de la Nouvelle Orléans (Allen Toussaint en tête), c’est un passionné de l’histoire des musiques populaires nord-américaines.





Regard posé sur un parcours de chanteur toujours passionné de musique et surtout de Blues, qui raconte l’histoire d’un répertoire magique et intemporel et son envie d’y replonger avec ferveur et simplicité

Pourquoi le blues ? Quel rapport entre Marquis de Sade, Marc Seberg et ce retour au blues ?

Le jazz et les Negro Spirituals ont bercé mon enfance et mon adolescence. Mon père était musicien, clarinettiste. Il avait un groupe de jazz amateur lorsqu’il était étudiant.
Mais le véritable choc, l’électrochoc même, ce fut le passage à l’émission Pop2 de Big Joe Williams martelant sa 9 cordes. Une 9 cordes de sa fabrication. Je devais avoir 14, 15 ans. C’est drôle car c’est aussi à Pop2, que j’ai vu le concert de Lou Reed, John Cale et Nico au Bataclan mais c’est une autre histoire. Je me souviens aussi de mes émotions devant les photos de Dorothea Lange, de Walker Evans. Ce monde de la dépression, je l’ai pris en pleine figure. D’ailleurs, presqu’autant que la musique (mes amours allaient du country blues jusqu’aux prostest songs de Woody Guthrie en passant par le rag time), ce sont les destins de ces musiciens, ces morceaux de vie incroyable, violente, dure, humble qui me fascinaient. Blind Lemon Jefferson, mort de froid dans les rues de Chicago à 36 ans et dont l’influence fut énorme. Fred Mc Dowel « découvert » à 55 ans et qui resta métayer toute sa vie. Blind Willie Johnson vitriolé dans son enfance. Robert Johnson empoisonné. Dans mon ennui adolescent et dans ces années 70 pompidoliennes…un peu de place pour le rêve. J’accumulais les disques : Arhoolie, Folkways, Biograph (42,80 francs pour mon premier disque de Blind Blake, c’était une somme en 71 !). Je les commandais même directement aux USA : Yazoo, Blue Gouse. Ah ! l ‘épais cartonnage des imports US cellophanés !
Et puis à 15 ans sur les bancs du lycée j’échangeais un Blind Blake et un Blind Lemon Jefferson contre un double album ramené par mon voisin de ses vacances en Allemagne : un compil’ Polydor du Velvet Underground à la pochette pseudo Warhol : une bouche suçant une bouteille de Coca. Comme il pratiquait la guitare, je m’essayais au chant qui me semblait le moyen le plus direct pour coller au plus près de cet imaginaire blues des années 20, 30 et de cette réalité largement fantasmée du New York de ces années-là…je devrais dire de mes années-là. Nous répétions « Easy Rider Blues » de B.L.J, et « I’m waiting for my man » de Lou Reed à la guitare sèche. La complexité de l’accompagnement blues, la technique du picking plutôt dure à maîtriser face à la musique apparemment plus accessible de Lou Reed fit que le blues devint désormais mon jardin secret. Il allait le rester pendant plus de 20 ans.
Je devins le chanteur du groupe Marquis de Sade puis Marc Seberg, rejoint par mon camarade guitariste du lycée, jusqu’en 90. Puis je fis un album avec le clavier du groupe en 93 ou 94 et plus rien. Le silence.

Pourquoi revenir en 2004 avec un groupe de blues ?

En septembre 2001, j’ai rencontré sur la plage de Venice un groupe qui faisait la manche : les Muddy Bottom Blues Boys. Un chanteur puissant à la Blind Willie Johnson accompagné de musiciens qui alignaient des standards blues et rock pour un public de surfeurs et de baigneurs made in California. C’est alors que j’ai réalisé à quel point la musique, je devrais dire cette musique, me manquait. A l’évidence un lien défait dix ans auparavant se renouait…et violemment encore…l’envie de retrouver la musique blues et ses mots bleus, sa simplicité, cette envie de retourner à la source, de replonger dans mes émotions adolescentes, d’aborder la musique d’une façon purement ludique, de retrouver le public sur des bases vierges mais sur un terrain qui m’était bien connu. L’idée était de repartir d’un background commun de reprises et de les faire évoluer en un répertoire de morceaux originaux. Le recyclage n’est-il pas le « modus operandi » des bluesmen de toujours ? Chacun s’appropriant des morceaux déjà existants pour bâtir son propre répertoire « original ». A la façon de Blind Lemon Jefferson qui, d’un vieux spiritual du 19ème siècle, aboutit au classique « See that my grave is kept clean » en 1927, je crois, qui deviendra un des standards de folksong des années 60 les plus joués grâce aux Two Poor Boys et leur version de 1931 « Two white horses ».
Ainsi qui reconnaîtrait dans With me now une des premières compositions du Blue Train Choir « Mississipi Jail House Groan » de Rube Lacy…? Et est-ce toujours du Blues ?

Où se situe le répertoire du Blue Train Choir, comment puiser dans la source sans se répéter ?

Par le choix des morceaux, c’est à la tradition des Songsters noirs que, s’il le fallait, on pourrait rattacher Philippe Pascal et le Blue Train Choir. Un mélange de folk songs appartenant à la fois au répertoire blanc et noir (John Henry), de blues du Delta (Hard Times Killing Floor de Skip James), de country blues texan du plus austère (See that my grave is kept clean de Blind Lemon Jefferson) au plus festif avec ses accents New Orleans (Shaggy Dad de Lightning Hopkins) ainsi que de worksongs chantés à cappella comme Pick a Bale of Cotton popularisé par Leadbelly et de quelques reprises proto-rock dont That’s alright mama de Crudup.

C’est dans cette lignée là que l’on pourrait se situer si le groupe ne s’orientait de plus en plus vers le holy blues, celui des bluesmen évangélistes comme le Révérend Robert Wilkins (Lord I wished I was in heaven – sitting down) qui « donna » Prodigal Son aux Rolling Stones ; vers le Gospel aussi du classique Walk through the valley, à celui plus roots des congrégations baptistes rurales des années 30-40 : Ain’t no grave - can hold my body down-.

Blues? Folk ? Gospel ? Et si cela n’était qu’un prétexte? Un prétexte pour un retour aux sources, à la source vive des musiques d’aujourd’hui. Un point de départ aussi pour Philippe Pascal et son groupe minimaliste le Blue Train Choir : tirer ce répertoire un peu oublié mais intact du côté électrique le plus brut (brutal) aux confins d’un rock primitif, primaire, voire primal…un prétexte pour recycler les versions acoustiques originelles, « leur tordre le cou » comme dirait Goulven Hamel (guitariste du Blue Train Choir) en leur insufflant la violence, les parti-pris musicaux, les émotions, les incertitudes, l’apaisement aussi, d’un groupe de 4 musiciens en ce début de siècle.

« This ain’t no rock n’ roll » disait Mississipi Fred Mc Dowell en introduisant un de ces morceaux, mais j’ai un truc qui sonne un peu comme ça: Shake’em on down.







Téléchargez ci-dessous, 8 extraits vidéos (format Quicktime) tirés du concert au Théâtre le Méry à Paris le 17 septembre 2004.

1.Lord I Wished I Was In Heaven [4.89 Mo] BIENTOT
2.Twist Your Stuff [6.17 Mo] BIENTOT
3.With Me Now [7.15 Mo] BIENTOT
4.Shake'em On Down [8.40 Mo]
5.Walk Through The Valley [7.32 Mo] BIENTOT
6.Pick A Bale Of Cotton [5.80 Mo] BIENTOT
7.That's Alight Mama [8.59 Mo] BIENTOT
8.Heavenly Way [11.4 Mo] BIENTOT

Bonus.L'intégralité (.rm) [4.50 Mo]

Prise de vue : Hélène Ricome
Montage : Emma Birambeau et Philippe Tuffigo.







1.Lord I Wished I Was In Heaven (3.39)
2.That's Alright Mama (4.06)
3.John Henry (3.42)
4.Pick A Bale Of Cotton (3.01)
5.With Me Now (5.28) [7.49 Mo]

#1, 2, 3, 4 : live @ the Ubu. Transmusicales de Rennes (Dec. 4th 2003)
Recorded & mixed by Mick & Nono.
#5 : recorded & mixed by Bruno Green @ Cocoon (Rennes) (April 28th to 30th 2003)

Artwork : Marc-André Francart (mafrancart@philippepascal.com)
Photo : Sylvain Guéné.





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